
Après des études
au collège des Augustins a Gand, François-Dominique obtint en 1761 une licence
en droit à l'Université de Louvain. Il devint ensuite successivement avocat au
Conseil de Flandre, homme de fief de la Chambre Légale de Flandre a Gand,
conseiller-pensionnaire du pays d'Alost, conseiller-pensionnaire et actuaire
des Etats de Flandre et enfin Conseiller au Grand-Conseil de Malines, anoblit
par Joseph II et ce : "pour les bons et utiles services rendus depuis de
nombreuses années (…)"
François-Dominique d'Hoop sera anobli et nommé Chevalier par
Joseph II, empereur d’Autriche, le 5 mars 1789 "pour les bons et utiles services rendus
depuis de nombreuses années dans les emplois qu'il a desservis avec un zèle
constant et un attachement respectueux pour le bien de notre royal service ...
pénétrant de décorer ses armoiries, par grâce spéciale, d'une couronne
d'or."
Jusqu'en 1787, les différentes régions formaient des états distincts qui dépendaient du pouvoir central à Vienne tout en conservant leur autonomie : L'impératrice Marie-Thérèse a exercé son pouvoir sur les provinces en qualité de Comtesse de Flandre, Comtesse de Namur, Duchesse de Brabant, etc.
Contemporain de
Joseph II (portait en médaillon) qui accède au trône en 1765, François-Dominique pâtira des
vicissitudes du règne agité de cet empereur jusqu'au décès de celui-ci le 20
février 1790. La politique autoritaire de réformes appliquée en violation des
privilèges du pays suscite de violentes réactions. Ces périodes troubles
amenèrent François-Dominique à de fréquents déplacements dans nos provinces,
mais aussi à quelques voyages à Vienne.
ondre les droits des habitants de ces
différents pays... Votre Majesté a pris des engagements particuliers avec ses
sujets de Flandre... Ils sont consacrés par le serment solennel qu'Elle a prêté
lors de Sa Joyeuse Entrée..." Les Etats du Brabant refusèrent le 19 avril
1787 d'accorder les subsides ordinaires aussi longtemps que leurs griefs
n'auraient pas été redressés. Les Etats du Hainaut, joignant leur voix à celle
de la Flandre, protestèrent à leur tour contre les mesures gouvernementales.
Le 17 juin 1787,
à l'assemblée des Etats de Flandre, François-Dominique d'Hoop lut une lettre
qui contenait une invitation des Etats du Brabant à se joindre à eux et faire
cause commune pour la défense des privilèges. La situation devint de plus en
plus confuse et menaçante. L'effervescence était générale et l’insurrection
éclata au mois d'octobre 1789. Des bandes armées se constituèrent dans le
Brabant sous l'impulsion de Vonck et de van der Noot. Ce dernier lança son
"Manifeste au peuple brabançon" qui proclamait la déchéance de Joseph
II comme duc de Brabant.
Facteur
aggravant, il y eut des mauvaises récoltes en 1787, 1788 et 1789 dans toute la
région. En Flandre, attisée par le bas clergé et la disette, la grogne
populaire s'amplifiait comme en témoigne l'incitation à la violence, dont le
texte, tel qu'il fut répandu, est reproduit ci-après.
Le dévouement de
François-Dominique au gouvernement général et sa fidélité envers son souverain
n’exclurent jamais chez lui un profond attachement aux institutions et aux
privilèges des provinces belges. En sa qualité de conseiller-pensionnaire et
d'actuaire des Etats de Flandre, seul il signait les nombreuses protestations
et réclamations adressées par ces Etats, soit à l’Empereur, soit aux
gouverneurs généraux. Ces documents exposaient au souverain, avec une grande
fermeté et dans un style énergique, les griefs des Flamands et l’agitation
croissante du pays. - François-Dominique d'Hoop, au nom des Etats, les rédigeait lui-même,
comme le prouvent les minutes écrites de sa main et conservées dans les
archives de ces Etats.
C'est le 5 mars
1789, avant que n'éclate l'insurrection, que Joseph II anoblit
François-Dominique.

Drapeau de l’éphémère union des
Etats Belgique Unis
Quels que
fussent les justes sujets de plainte de ses concitoyens, François-Dominique d'Hoop, fidèle à
son serment, ne voulut jamais sortir des voies légales et refusa de suivre ses
compatriotes sur le terrain de l'insurrection. C'est ce qui le fit compter à
tort, par une populace ignorante et surexcitée, parmi ses ennemis et provoquera
la scène de pillage et d'incendie en notre bonne ville de Gand.
Le 13 novembre
1789, neuf cents hommes de l’armée "nationale" de la révolution
brabançonne parurent devant les portes de Gand, en deux colonnes. Ils
pénétrèrent dans la ville en forçant les postes militaires des portes du Sas et
de Bruges, et poussèrent les soldats autrichiens de poste en poste, de manière
que le soir ceux-ci n'occupaient plus que les casernes et la citadelle... (De
Smet, Hist. belg., t. II). Ce fut dans cette soirée qu'une populace furieuse se
rua sur l'hôtel situé au coin de la rue de Bruges et de la rue du Bélier,
habité par François-Dominique d'Hoop. Sa maison fut pillée, son mobilier, sa bibliothèque, ses
archives de famille, tout fut détruit, dispersé, livré aux flammes (plus d'information).
La déchéance de Joseph II comme comte de Flandre fut proclamée le 4 janvier 1790 dans un manifeste déclarant "la Nation libre et indépendante". Les Etats Généraux se réunirent à Bruxelles trois jours plus tard et adoptèrent l’acte d'union de nos diverses provinces sous la forme d'une confédération et sous la dénomination d'Etats Belgique Unis. Mais la mise en place des nouvelles institutions fait rapidement ébranlée par la rivalité croissante entre les partisans de Vonck et ceux de van der Noot et on se trouva bientôt au bord de la guerre civile.
(A gauche: Portrait
d'un patriote d'Anvers, symbole de la bataille de Turnhout, tableau de
Théophile Marie François Lybaert)
Les tragiques événements qui ensanglantèrent nos provinces en cette fin de 1789 incitèrent François-Dominique, déchu de ses hautes fonctions par la révolution, à se soustraire désormais à la vindicte populaire. Il s'installa provisoirement à Trèves (Voir les notes de Anne-Sophie d'Hoop).
Joseph II décéda
le 20 février 1790 a Vienne. "Votre pays m'a tué" aurait-il dit au
prince de Ligne. L'empereur Léopold II, son successeur, publia une déclaration
où il prenait l’engagement de maintenir les constitutions des provinces belges
dans l'état ou elles se trouvaient sous le règne de Marie-Thérèse. Fin 1790,
les troupes autrichiennes revinrent en force reconquérir les provinces belges. Les
privilèges des Etats étant reconnus comme il l’avait toujours souhaité, François-Dominique
revint de l’étranger et réintégra ses anciennes fonctions qu'il n'avait
abandonnées - contraint et forcé - que quelques mois.
Le 6 juillet
1791, en présence des plus hautes autorités du pays, c'est François-Dominique
qui, en sa qualité de conseiller pensionnaire et actuaire des Etats de Flandre,
accueillit à Gand le nouvel empereur lors de "l'inauguration solennelle de
sa Sacrée Majesté Léopold II comme comte de Flandres"
Décédé en 1808,
François-Dominique ne connaîtra pas la suite tourmentée de notre histoire : les
guerres napoléoniennes ne se terminent vraiment qu’en 1815, puis nos provinces
passeront sous la couronne des Orange-Nassau. Sous le régime hollandais, les
noms des anciennes provinces furent rétablis, mais l'organisation et les
frontières territoriales des départements français furent en principe
maintenues, à quelques exceptions près.