1813-1855 –le Père François Xavier d'Hoop, S.J.
Note : Le Père François-Xavier S.J. fait partie
de la branche des d'Hoop dite "de Meulebeke"
qu'on n'est pas parvenu à connecter à la nôtre
Le
P. François Xavier d'Hoop (1), de la Compagnie de Jésus, est décédé en
Amérique. Né à Meulebeke, dans le diocèse de Bruges, en Belgique, le 4
Janvier 1813, il fit avec succès ses études au collège de Thielt, dans
la Flandre occidentale, et se rendit ensuite au collège de Turnhout,
fondé par le vénérable De Nef, dont le nom seul est un éloge. Dans
cette pépinière de missionnaires, qui a fourni tant de dignes prêtres
et tant d'excellents sujets au pays, le Père François-Xavier d'Hoop, à
l'exemple d'un grand nombre d'autres qui l'y avaient précédé, prit la
généreuse résolution de se dévouer aux missions américaines et
d'embrasser la vie religieuse. Au mois de septembre 1837, il quitta sa
patrie et s'embarqua pour les États-Unis, avec quatre compagnons. Le 21
novembre de la même année, il entra au noviciat des Jésuites à
Saint-Stanislas, au Missouri. Après les deux années de probation, il
fut envoyé, en qualité de sous-préfet, à l'université de Saint-Louis et
s'appliqua à acquérir la connaissance des langues les plus en usage
dans le pays, surtout l'anglais, l'allemand, le français et l'espagnol.
«
Je viens remplir un devoir auprès de votre Révérence, écrit le P. De
Smet, à la demande bien spéciale d'un de vos anciens disciples, le P.
François-Xavier d'Hoop. Je ne m’attendais pas, lors de mon arrivée à
Louisville, que j'allais assister à ses derniers moments. Vous vous
rappellerez qu'il faisait partie de la petite bande que je conduisis en
Amérique en 1837.
Le P. François-Xavier d'Hoop est mort jeune et
beaucoup regretté de tous ceux qui ont eu le bonheur de le connaître.
Il a fait beaucoup dans sa courte vie, et ce malheureux pays perd en
lui un fervent et zélé missionnaire. Il laisse dans la douleur un grand
nombre d'enfants en Jésus-Christ, de protestants convertis à la foi, de
brebis égarées qu'il a rappelées et ramenées au bercail du bon Pasteur.
Ces fidèles continueront tous, j'ose l'espérer, à bénir la mémoire
chérie de leur père; et lui, du haut du ciel, intercédera pour qu'ils
persévèrent dans la foi...
Comme vous connaissez la famille du
P. François-Xavier d'Hoop, et que j'ai des preuves de votre grande
charité, j'ai pris la liberté de m'adresser à vous, pour vous prier de
leur communiquer la nouvelle de sa mort. Les détails que je donne dans
la petite notice qui suit, contribueront à consoler leur douleur.»
Il
fut envoyé ensuite au collège de Saint-Charles, au Grand Coteau, dans
l'État de la Louisiane, où il enseigna, pendant plusieurs années, la
rhétorique et la physique avec, beaucoup de succès. Il. fut ordonné
prêtre par Mgr. Blanc, archevêque de la Nouvelle-Orléans le 29 août
1845. Depuis cette époque jusqu'à sa morte il a rempli fidèlement et en
bon religieux, soit dans les colléges, soit dans les missions et
résidences, toutes les charges qui lui étaient confiées par ses
supérieurs. Les villes de Saint-Louis, de Cincinnati, de Chillicothe,
de Bardstown et de Louisville, ont été successivement témoins de son
zèle et de ses travaux. Quoique souffrant depuis plusieurs années d'un
mal douloureux dans les deux jambes, il acquittait toujours fidèlement
des devoirs de sa charge, et son zèle parut même s'augmenter avec ses
souffrances.
Le P. François-Xavier d'Hoop s'attirait tous les cœurs par sa simplicité religieuse, par sa charité et son zèle.
Il
contracta la maladie qui nous l'a enlevé, en revenant d'une mission
donnée à Madison, capitale de l'État d'Indiana. Rempli de confiance
dans le Seigneur et donnant des preuves d'une entière soumission à la
volonté divine, il rendit sa belle âme à son Créateur, à Louisville,
dans l'État de Kentucky, le 23 mars 1855.
Le lendemain, fut
célébrée à la cathédrale une messe solennelle, à laquelle Mgr. l'évêque
et la plupart des membres du clergé dé la ville assistèrent. Sa
Grandeur officiait elle-même aux obsèques, et fit, avec son éloquence
ordinaire, l'éloge du défunt. Sa dépouille morelle a été inhumée au
cimetière du collége de Saint-Joseph à Bardstown.
M. l'abbé du
Pontawis, grand vicaire et curé de Madison, nous a écrit une lettre
fort consolante. J'ai appris, dit-il, le décès du R. P. François-Xavier
d'Hoop, au moment où je me revêtais des habits sacerdotaux pour
célébrer la sainte messe, le dimanche de la Passion. - J'ai oublié mon
texte; votre lettre avait pris sa place. J'ai parlé sur sa mort. - Mais
je crains de n'avoir pas édifié autant que je l'aurais dû; car ma voix
était entrecoupée de sanglots. - J'ajouterai que tout mon nombreux
auditoire était en pleurs.
« Au saint autel, je me rappelais les
heureux moments de sa présence. - C'est ici qu’il avait célébré; -
c'est dans la chaire de vérité que ses paroles si éloquentes et si
édifiantes ont été entendues ; paroles qui ont converti tant de
pécheurs, donné la tranquillité et la paix à tant d'âmes jusqu'alors
dans le trouble, arraché tant de larmes de joie et de bonheur. Mon
coeur s'échappait, pour ainsi dire, par mes yeux.
Je n'oublierai
jamais les instants qu'il a passés avec moi dans ma maison. J'entends
encore les paroles consolantes et si remplies de sagesse que ses lèvres
prononcèrent. Comme homme de Dieu et comme savant, on trouvait en lui
un trésor inépuisable de connaissance variées et étendues. Ah! l'idée
de sa mort commençait à m'accabler quand je pensais que c'est à moi
qu'il a donné les derniers jours de sa vie active! Mais après un moment
de réflexion, la joie a succédé à ma douleur.
-Le Père était
mûr pour le ciel, et c'est dans ma paroisse qu'il est venu faire son
dernier effort pour obtenir la couronne immortelle, et c'est mon peuple
qui a reçu ses, derniers adieux!!! A genoux au pied du maître-autel, il
prononça les paroles de la consécration aux Sacrés-Cœurs de Jésus et de
Marie, pour le pasteur et pour son troupeau, etc. »
1 Cette
notice est tirée d'une lettre que le P. De Smet a eu la complaisance
d’adresser au P. Vanderhofsladt, du collège de Tournai, et datée de
Louisville, au Kentucky, le 29 mars 1855.
Source : site internet
reproduisant un livre publié par Pierre-Jean De Smet, S.J. (1801 -
1873) ~Voyage dans le Grand-Désert publié en 1853 (
http://users.skynet.be/pater.de.smet/index.htm)